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Premiers ministres

7e premier ministre du Canada

Wilfrid Laurier

Premier ministre libéral du Canada, 1896–1911.

  • Libéral
  • 1896–1911
  • 1841–1919
Portrait de Wilfrid Laurier

Biographie

Sir Wilfrid Laurier a été le septième premier ministre du Canada, de juillet 1896 à octobre 1911, soit le plus long mandat ininterrompu de tous les premiers ministres. Il est né le 20 novembre 1841 à Saint-Lin, au Canada-Est (aujourd'hui le Québec), et a été le premier francophone à diriger le pays. Enfant, il fréquente pendant un temps une école anglophone à New Glasgow, au Québec, où il apprend à parler couramment l'anglais. Il étudie au Collège de L'Assomption et obtient un diplôme en droit de l'Université McGill en 1864.

Laurier exerce le droit à Montréal et milite au sein du mouvement réformiste des Rouges. De santé fragile, il s'installe en 1867 dans la région d'Arthabaska, dans les Cantons-de-l'Est, où il dirige un journal libéral tout en poursuivant sa pratique du droit. En 1868, il épouse Zoé Lafontaine. Il est élu à l'Assemblée législative du Québec en 1871 et passe à la Chambre des communes en 1874 comme député de Drummond-Arthabaska.

Il se fait connaître comme un orateur talentueux et, en 1877, il prononce à Québec un discours très remarqué dans lequel il soutient que le libéralisme au Canada s'inscrit dans la tradition réformiste britannique et est compatible avec la foi catholique, à une époque où une partie du clergé s'oppose aux libéraux. Cette même année, Alexander Mackenzie le nomme ministre du Revenu intérieur. Battu à l'élection partielle qui suit sa nomination, il remporte un siège dans Québec-Est, qu'il conservera jusqu'à la fin de sa vie. En 1887, il succède à Edward Blake à la tête du Parti libéral. Il perd l'élection de 1891, menée sur une politique de réciprocité illimitée avec les États-Unis.

Laurier remporte l'élection de 1896, puis celles de 1900, de 1904 et de 1908. Il règle la question des écoles du Manitoba au moyen d'un compromis avec le gouvernement manitobain qui permet un enseignement religieux et en français limité plutôt que de rétablir les écoles séparées. Son gouvernement envoie des contingents de volontaires à la guerre d'Afrique du Sud, compromis entre les Canadiens anglais, qui souhaitent une pleine participation, et les Canadiens français, qui s'y opposent. Sous la direction du ministre de l'Intérieur Clifford Sifton, il encourage l'immigration à grande échelle, et des centaines de milliers de colons venus de Grande-Bretagne, des États-Unis et d'Europe continentale s'établissent dans les Prairies. L'Alberta et la Saskatchewan deviennent des provinces en 1905, après une âpre controverse sur leurs systèmes scolaires.

Le gouvernement appuie deux nouveaux chemins de fer transcontinentaux, le Grand Tronc Pacifique et le Transcontinental national, qui devront plus tard être sauvés par l'État. Il crée le ministère du Travail en 1900 et fait adopter la Loi des enquêtes en matière de différends industriels en 1907. Les Traités nos 8, 9 et 10 sont conclus avec des Premières Nations du Nord et des Prairies au cours de ces années. La politique d'immigration est ouvertement restrictive envers les Asiatiques : la taxe d'entrée imposée aux Chinois est portée à 100 $ en 1900, puis à 500 $ en 1903; un accord conclu avec le Japon en 1908 limite l'immigration japonaise; et le règlement sur le passage sans escale de 1908 vise à mettre fin à l'immigration en provenance de l'Inde.

En 1910, la Loi du service naval crée la Marine royale canadienne, mécontentant à la fois les impérialistes, qui la jugent trop limitée, et les nationalistes québécois, qui craignent qu'elle n'entraîne le Canada dans les guerres britanniques. En 1911, Laurier conclut un accord de réciprocité avec les États-Unis, et les conservateurs de Robert Borden le défont à l'élection de cette année-là. Il demeure chef libéral dans l'opposition. Pendant la Première Guerre mondiale, il appuie l'effort de guerre, mais s'oppose à la conscription et, en 1917, de nombreux libéraux du Canada anglais le quittent pour se joindre au gouvernement d'union de Borden. Ses libéraux remportent la plupart des sièges au Québec, mais peu ailleurs.

Laurier a été fait chevalier en 1897. Il meurt à Ottawa le 17 février 1919, toujours chef de l'Opposition, et est inhumé au cimetière Notre-Dame, à Ottawa. Il a dirigé le Parti libéral pendant plus de 31 ans.

La dette publique pendant le mandat

Dette/PIB à l’entrée en fonction
44,2 % (fin 1896)
À la fin du mandat
20,7 % (fin 1911)
Variation
-23,5 points de PIB

Dette publique brute de l’ensemble des administrations publiques, en proportion du PIB, à la fin de l’année la plus proche de chaque changement de premier ministre (FMI). Comparer tous les premiers ministres.

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